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Début 2004, la plupart des chercheurs avaient quitté leurs labos pour parler publiquement de leurs conditions de travail et de leurs attentes. Pour les plus anciens y compris, c’était souvent la première fois qu’ils descendaient dans la rue. Aujourd’hui, la recherche a repris, mais les moyens se font toujours attendre.
A l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, l’équipe d’endocrinologie moléculaire ne compte que six statutaires sur une vingtaine de salariés : la rotation est fréquente et la précarité est une dominante. « A la naissance du mouvement Sauvons La Recherche et durant les mois qui ont suivi, s’est cristallisée la prise de conscience que pendant des années on ne s’était pas du tout préoccupés en tant que scientifiques de défendre et d’expliquer notre place dans la société, reconnaît Vincent Laudet, responsable du labo. Aujourd’hui, c’est devenu légitime de se questionner aussi entre nous sur le sens de nos actions, de s’auto organiser et d’imposer nos choix malgré les tutelles politiques. On a une forte responsabilité dans l’enlisement de la situation actuelle car pendant des années on ne s’est pas investi politiquement. Les artistes l’ont toujours fait plus que nous et je crois que, là, quelque chose a bougé. »
Le mouvement emmené par SLR a certainement ouvert une brèche dans la reconfiguration des luttes sociales. En inventant de nouveaux moyens de pression et en créant un outil de propositions concrètes avec le rapport des Etats Généraux, les chercheurs ont aussi gagné au fil de leurs mobilisations le soutien de l’opinion publique, qui a su comprendre les enjeux de la recherche fondamentale malgré l’injonction gouvernementale de financer prioritairement une recherche thématisée et pilotable.
Aujourd’hui, le débat semble malgré tout dans l’impasse : les principales recommandations formulées par les chercheurs ne sont pas prises en compte par la loi, dont l’examen est sans cesse repoussé vers l’été. A la veille d’une éventuelle reprise du mouvement se pose l’enjeu d’une revendication peut-être moins corporatiste et plus politique. « On paye à mon avis le prix d’avoir fourni des réponses uniquement techniques et pragmatiques, sans les avoir pensées dans un contexte plus large, pointe Arnaud Chaumot, post-doctorant actuellement en CDD. Si l’on reste dans cette perspective sectorielle, on aboutit toujours au même résultat, que l’on soit chercheur, infirmier ou enseignant. Face à une conception gestionnaire de la politique, les mouvements spontanés comme SLR ont tendance à s’essouffler. Lorsque nous demandons au gouvernement de penser la recherche sur le long terme, il faut que nous soyons aussi de notre côté à la hauteur de nos exigences, c’est à dire que nous réussissions à inscrire nos luttes dans le temps. »
Début 2004, la plupart des chercheurs avaient quitté leurs labos pour parler publiquement de leurs conditions de travail et de leurs attentes. Pour les plus anciens y compris, c’était souvent la première fois qu’ils descendaient dans la rue. Aujourd’hui, la recherche a repris, mais les moyens se font toujours attendre.
A l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, l’équipe d’endocrinologie moléculaire ne compte que six statutaires sur une vingtaine de salariés : la rotation est fréquente et la précarité est une dominante. « A la naissance du mouvement Sauvons La Recherche et durant les mois qui ont suivi, s’est cristallisée la prise de conscience que pendant des années on ne s’était pas du tout préoccupés en tant que scientifiques de défendre et d’expliquer notre place dans la société, reconnaît Vincent Laudet, responsable du labo. Aujourd’hui, c’est devenu légitime de se questionner aussi entre nous sur le sens de nos actions, de s’auto organiser et d’imposer nos choix malgré les tutelles politiques. On a une forte responsabilité dans l’enlisement de la situation actuelle car pendant des années on ne s’est pas investi politiquement. Les artistes l’ont toujours fait plus que nous et je crois que, là, quelque chose a bougé. »
Le mouvement emmené par SLR a certainement ouvert une brèche dans la reconfiguration des luttes sociales. En inventant de nouveaux moyens de pression et en créant un outil de propositions concrètes avec le rapport des Etats Généraux, les chercheurs ont aussi gagné au fil de leurs mobilisations le soutien de l’opinion publique, qui a su comprendre les enjeux de la recherche fondamentale malgré l’injonction gouvernementale de financer prioritairement une recherche thématisée et pilotable.
Aujourd’hui, le débat semble malgré tout dans l’impasse : les principales recommandations formulées par les chercheurs ne sont pas prises en compte par la loi, dont l’examen est sans cesse repoussé vers l’été. A la veille d’une éventuelle reprise du mouvement se pose l’enjeu d’une revendication peut-être moins corporatiste et plus politique. « On paye à mon avis le prix d’avoir fourni des réponses uniquement techniques et pragmatiques, sans les avoir pensées dans un contexte plus large, pointe Arnaud Chaumot, post-doctorant actuellement en CDD. Si l’on reste dans cette perspective sectorielle, on aboutit toujours au même résultat, que l’on soit chercheur, infirmier ou enseignant. Face à une conception gestionnaire de la politique, les mouvements spontanés comme SLR ont tendance à s’essouffler. Lorsque nous demandons au gouvernement de penser la recherche sur le long terme, il faut que nous soyons aussi de notre côté à la hauteur de nos exigences, c’est à dire que nous réussissions à inscrire nos luttes dans le temps. »
| Article : Sara Millot |
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| La Croix 25-26 juillet 2009 |
| Marianne N°26 du 18 au 24 avril 2009 |
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| Etoile, le mag du Michelin sept-oct 2008 |
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